« Ça n’a pas d’importance », P.MacOrlan, V.Marceau

 

Quand Jean-Marie de Nantes revint d’la Tri­ni­té
II dépo­sa son sac aux pieds de son hôtesse,
Dans un bar pavoi­sé par toutes les pro­messes,
Le bis­trot de Simone à  l’autre bout du quai.

Qui donc l’a enten­due cette vielle his­toire là ,
Qui donc l’a racon­tée tout bas de porte en porte
Chez Dai­zy, chez Simone et chez Encar­ni­ta,
Qui la confiait au vent, au vent de la rue morte.

(Refrain)

Simone aime les mate­lots,
Les mate­lots aiment qui les aiment.
Et moi je veux pen­ser de même
Car c’est là  mon moindre défaut.
Mais si la mer plaît aux Bre­tons
C’est qu’elle les tient en son giron.
Et tant pis pour qui mal y pense
Ca n’a pas tel­le­ment d’importance.

Un homme qui reve­nait de Gibral­tar port franc
Avait dit à  Simone : on ira en Afrique.
A Zan­zi­bar au lieu de bou­lo­ter des briques
Je te cou­vri­rai d’or ou qui vaut mieux d’argent.

Tu revien­dras à  Nantes quand il en sera temps
Dans le jour enchan­té de notre indé­pen­dance.
Quant à  ton homme Simone c’est une affaire de sang,
Et ça n’a vrai­ment pas une telle impor­tance

(Refrain)

Simone aime les mate­lots,
Les mate­lots aiment qui les aiment.
Et moi je veux pen­ser de même
Car c’est là  mon moindre défaut.
Mais si la mer plaît aux Bre­tons
C’est qu’elle les tient en son giron.
Et tant pis pour qui mal y pense
Ca n’a pas tel­le­ment d’importance.

Simone ne sut jamais le vrai mot de la fin,
Les cars de la police son­naient par­tout l’alarme.
Les filles jacas­saient au milieu du vacarme,
Et pen­dant quelques jours ce ne fut qu’un refrain.

A peine chu­cho­té dans tous les clan­des­tins,
Refrain qui n’était qu’un sou­ve­nir de bagarre
Entre le gars de Nantes et l’homme du des­tin
Au moment his­to­rique où les cou­teaux s’égarent.

Simone aimait les mate­lots,
Les mate­lots aiment qui les aiment.
Encar­ni­ta pen­sait de même,
Moi je vais m’tirer au plus tôt.
J’irai me crè­cher à  Meu­don
Devant la Seine et ses chan­sons,
Pour prendre un bon coup d’innocence,
Et rien n’aura plus d’importance.

À propos : Fabien

Après avoir travaillé le chant au Centre d'Arts Polyphoniques de Paris, il entre en 1995 au Conservatoire de Gagny où il est l'élève d'Evelyne Razimowsky en classe de Chant et de Jean-Louis Calvani en classe d'Art Lyrique. Il poursuit ensuite son perfectionnement avec Florence Montana au Conservatoire de Vincennes, puis au Conservatoire de Musique de Nouvelle Calédonie.

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