Accueil / Critique spectacle / TV : Il Trovatore – Orange (Alagna)

TV : Il Trovatore – Orange (Alagna)

Giuseppe Verdi in 1876.Image from Wiki­pe­dia

France 2 … la 1° chaîne publique … de l’opéra à 20h30 ? C’était pour ma part une pre­mière je n’avais jamais vu d’autres chaîne que Arte (et Mez­zo bien sur) le faire.
Enfin …

Mais pour énor­mé­ment de réserves : des repor­tages sur Ala­gna avant l’opéra et ensuite à l’entracte pour que l’opéra soit « pas­sable » à 20h30 … c’est très lourd. Bref cet opé­ra qui fait figure d’exception par sa retrans­mis­sion, n’est là que car Ala­gna est là, et qu’il a ven­du des tonnes de disques sur Maria­no, qui lui est connu du public.
Je suis pour­tant un fan d’Alagna. Par contre ce bat­tage média­tique devient très sin­cè­re­ment étouf­fant.
Rajou­tons à cela que France 2 a cru bon de faire de la publi­ci­té au pré­sident de la répu­blique (aïe çà me fait mal de l’écrire), en le gra­ti­fiant presque de son apport à la culture en France … on croit rêver.

Etait-il si dif­fi­cile de retrans­mettre l’opéra sans « Ala­gna par si », « Ala­gna par là » et faire croire qu’il n’y a que lui qui chante qua­si­ment ? sans fil­mer le pré­sident dans les gra­dins en per­ma­nence ? Oui bien sur, mais tout est per­mis pour trou­ver des excuses pour faire de l’audience … car non le public ne demande pas çà. En tout cas pas celui qui a plus de 2 grammes de cer­velles. Celui qui a réus­si à dépas­ser le stade « TF1/M6 », ne demande pas cela, pour sur.

Mais pas­sons …


Sur l’oeuvre d’abord :

Pour­tant fan de Ver­di, ce n’est pas du tout mon oeuvre favo­rite. Elle n’est pas du tout à la hau­teur des 2 autres volets de la « tri­lo­gie popu­laire » ver­dienne que sont Rigo­let­to et la Tra­via­ta.
His­toire tor­due bien sur, mais ce n’est pas là le pire … Rigo­let­to, Aïda, Don Car­los, Un bal mas­qué, Simon Boc­ca­ne­gra … pour ne citer qu’eux ont leur invrais­sem­blansses, et leur his­toires par­fois tor­dues, mais sont d’authentiques chef d’oeuvre, grâce au génie ver­dien.

Ici, non … il ne par­vient pas à redres­ser l’handicap de ce scé­na­rio, long à démar­rer, tor­due, et que sa musique ne par­vient pas à faire s’enflammer.

Certes, il y a de très beaux airs … très clas­siques … voi­là le reproche prin­ci­pal que j’y fait : çà sonne beau­coup trop bel can­to (dans l’intention en tout cas). Du coups on perd l’essentiel de Ver­di : le côté théa­tral, dra­ma­tique.
Tout est sec­tion­né, et réglé comme du papier à musique ici. Et le « Di quel pir­ra » est ici plus un exer­cice (assez impos­sible d’ailleurs) qu’un véri­table air.

Toutes ces remarques pour per­mettre aus­si de com­prendre mes pro­pos sur le spec­tacle.

La mise en scène : lol … et bien voi­là c’est tout ce qu’il y a à dire sur la mise en scène. Et pour preuve … il n’y a aucune mise en scène si ce n’est qq cou­leurs et motifs (plu­tot réus­sis) pro­jet­tés au mur. Celà n’arrange bien sur pas le spec­tacle, qui n’avais pas besoin de celà.

Man­ri­co (ténor) : Ala­gna … Bon après tout le bat­tage média­tique on ne pou­vais être que déçu, quel­que­soit la per­for­mance. Le résul­tat est bien sur très grand, un beau Man­ri­co voca­le­ment … mais pas à la hau­teur d’Alagna. Pour 2 rai­sons : l’engagement scé­nique est anor­ma­le­ment absent, et le « Di quel pira » est plus que limite : note plus que limite, contre ut final trans­po­sé en si, et qui mal­gré tout est limite. Celà ne doit pas occul­ter une très belle pres­ta­tion. Oui cet air est par­ti­cu­lè­re­ment inbouf­fable pour le ténor, et çà dépasse les moyens d’Alagna … ce qui n’est pas peu dire.

Léo­no­ra (sopra­no) : encore une fois … faut que phy­si­que­ment la chan­teuse soit un mini­mum cré­dible … (comme les chan­teurs). Il s’agissait là d’une chan­teuse plus large que longue, sau­cis­son­née dans un voile … j’ai vu pire oui : l’Amélia à l’ONP récem­ment. Bon voca­le­ment c’est pas tou­chant, les notes sont par­fois limites.

Il com­ta di Luna (bary­ton) : un asia­tique qui sauve la soi­rée. Oui c’est un grand bary­ton que voi­là. Il mérite à mon gout le titre de bary­ton « Ver­di ». Et me rapelle par­fois … Nuc­ci … alors … voi­là deux gros com­pli­ments.

Azu­ce­na (mez­zo) : une mère très atta­chante, bonne chan­teuse, et scè­ni­que­ment pré­sente.

Bref au départ l’oeuvre me laisse un peu indif­fé­rent, et cette soi­rée n’arrange pas les choses.

A propos de Fabien

Après avoir travaillé le chant au Centre d’Arts Polyphoniques de Paris, il entre en 1995 au Conservatoire de Gagny où il est l’élève d’Evelyne Razimowsky en classe de Chant et de Jean-Louis Calvani en classe d’Art Lyrique. Il poursuit ensuite son perfectionnement avec Florence Montana au Conservatoire de Vincennes, puis au Conservatoire de Musique de Nouvelle Calédonie.

Un commentaire

  1. Je me sou­viens y être allé et j’avoue être déçu par la mise en scène inexis­tante.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.